Introduction à mon existence consciente

Il est si simple de retourner en arrière, alors que le pas qui nous permettrait d'avancer semble lesté d'un poids si terrible. J'ai l'impression de me regarder reculer, comme si je fixer le temps et mon existence statique sur un tapis roulant qui m'éloignerait de tout les petites choses qui m'avaient donnés l'impression de m'accomplir. Noir destin que le mien? Non, de toute façon mon destin est tracé par ce que je décide et ce que je fais, non pas par une force supérieure qui me dirigerait comme le ferait une marionnette. Si je recule, c'est simplement par lâcheté, « par péché d'inattention et par paresse de l'âme ». Bien souvent, je me retrouve à attendre Godot dans l'espoir que demain je serai une homme meilleur mais qu'aujourd'hui, ça ne vaut pas la peine d'essayer. Brave fidèle du Dieu Procrastination, je m'incline devant la difficulté et rêve du meilleur des mondes possibles où, tout à-coup, je serais devenu un être érudit par le simple usage du temps. Comme si l'âge déposait immanquablement des couches de sagesse à tout les Hommes sans que ceux-ci ne le méritent réellement.
Mais par-dessus l'espoir, parfois il y a l'accomplissement. Me voilà relatant ces idées qui tournent sans issues dans mon esprit les libérant ainsi de leur vain emprisonnement. Une idée, une pensée, sert à être transmise, pas nécessairement à quelqu'un. Seulement à sortir de son carcan afin qu'au contact d'une autre matière, elle s'accouple et donne naissance à des théories, des actions, des métamorphoses. L'idée dans l'esprit c'est de l'électricité sans matière conductrice. Elle existe, mais est latente, elle attend de sortir, tant et si bien que parfois lorsque l'attente est trop longue, elle s'estompe et disparaît à jamais. Où non! Elle ne fait qu'aller voir ailleurs afin d'emprunter un esprit libre, qui lui fournira le tremplin nécessaire pour prendre son envol et créer ainsi quelque chose. Je suis en ce moment ce tremplin, une idée à sauté dans mon esprit et la voilà qui rebondit sur les touches de mon clavier et qui s'imprime sous mes yeux en un texte immanent qui se forge et qui me forge. J'exprime donc je vie.
# Posté le samedi 08 décembre 2007 15:18

Désinformation

La recherche d'un sujet peu, bien souvent, être plus périlleuse que l'élaboration du sujet lui-même. Les doutes et les tâtonnements occasionnés par l'incertitude de nos capacités à fournir une argumentation raisonnable me gèle bien souvent sur place, les pieds encrés dans le « Je n'en sais pas assez sur le sujet ». Il est dommage de voir que la seule source d'information que je semble définir comme convenablement pertinente à l'élaboration d'un texte se trouve hors de moi. Bien sûr, les bases de notre compréhension d'un sujet peuvent être acquises par une approche théorique de certains traités par contre, emmagasiner éternellement de l'information en se disant « un jour, j'en saurai assez pour m'exprimer », est presque totalement vain. Une outre pleine d'eau finit par croupir si quelqu'un ne s'y désaltère pas, de même que pour le savoir que nous amassons en nous même. Avec le temps il peut devenir obsolète ou simplement tourmenter son propriétaire quant à l'appel de plus en plus pressant qu'il lui donne de se faire partager. Souffrirais-je de ce cris étouffés qui hanterais mes moments de répits en me disant que l'avarice n'est pas seulement matérielle et qui les informations qui s'accumulent pêle-mêle dans mon esprit ne sont que comme des pages dépareillées sur lesquelles le temps laisse tomber régulièrement une sombre couche de poussière et de confusion. L'espoir? Peut-être l'ai-je sous les yeux.
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# Posté le dimanche 09 décembre 2007 23:20

Charabia et formules pré-faites

De l'achèvement d'une œuvre devrait surgir un élément de satisfaction, du moins de soulagement. Un travail qui devait être fait avec rigueur et qui finalement se termine en queue de poisson pour cause de laxisme ne m'inspire pas grande fierté. Je subtilise à plusieurs bouquins de précipiteuses informations, les amassent au fond de mon esprit comme à l'intérieur d'un creuset. Je le laisse macérées afin que leur aridité s'imbibe de compréhension puis de vulgarisation. Le problème c'est que parfois je les laisse pourrir aux lieux de décanter. S'ensuit alors une décoction amère pleine d'incohérences et de omission involontaire. Je travail afin de forger un esprit conscient, cohérent, libre et imaginatif. Et je m'entête encore à voir le travail comme une corvée et non pas un échelon que je gravis afin d'atteindre la compréhension d'une notion. L'oisiveté est mère de tous les vices comme on dit, si celle-ci s'est fondue en moi comme une amante lascive, comment puis-je m'en libérer? Forgeron de conscience, mon fer est bien froid et mon marteau, toujours suspendu en l'air pour le premier coup, commence à faire trembler mon bras. Peut-être n'ai-je pas conscience que cette frappe symbolique représente une étape nécessaire, douloureuse certainement, à l'élaboration de mon idéal. Je ne crois pas à la mort des idéaux et revendique haut et fort qu'il faut créer nos rêves et non pas rêver nos créations. Trop souvent, j'ai attendu Godot, me voilà bien marri lorsque je dois mettre la main à la pâte. Bah, si la souffrance fait mûrir, elle met aussi à l'épreuve la volonté. Reste à savoir si la mienne est douillette.
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# Posté le mardi 11 décembre 2007 00:01

Par être...

Dicter après minuit les mots qui me feront sentir vivant. Chercher dans le tréfonds des heures comme dans les abîmes de mon âme une réponse à une question qui taraude tel un moucheron, la tranquillité d'esprit. La science du langage au service de l'archéologie des pensées. Je creuse, donc je pense. Je pense, donc j'ai compris. Compris que pour vivre, il faut s'ouvrir les yeux et cesser d'avancer à tâtons dans une mer d'absurdité. Je regarde, donc je réalise. Prendre conscience peu à peu de ses tares comme de ses forces. Ne plus contourner les obstacles mais les inviter à dîner, afin de mieux les poignarder dans le dos. Ruser au lieu de s'user. Je ris, donc je m'amuse. Cesser de chercher l'imperfection invisible qui gâche le portrait. Trouver le bien dans ce que l'on nomme le mal. Sourire et non survivre. Trouver le ludique et rejeter le fatidique. Je m'aime, donc je t'aime. Être capable de se faire plaisir avant de rendre la pareille aux autres. Se dorloter de temps en temps, juste pour le confort de se retrouver en tête à tête avec soi. Puis, regarder l'autre et rire de bonheur. Tout simplement. Sans penser, ni à hier, ni à demain. Être là. Être seul ou être deux. Être et peut-être même heureux.
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# Posté le mercredi 12 décembre 2007 00:24

Regardez, et avec de la chance, vous ouvrirez les yeux

Le poids est enfin tombé. La liberté n'a jamais été flouée mais seulement, elle semblait me regarder de loin. Sans sourire, sans pleurer, juste là à me regarder m'échiner. Je ne luis en veux pas. Peut-on en vouloir à la liberté d'être ce qu'elle est? Sûrement, on est libre de le faire. Comme on est libre d'haïr, de mordre, et de tuer. Je ne cracherai jamais sur la légèreté, ni celle d'être, ni celle de vouloir. La légèreté c'est l'esprit sans lest, sans entrave, qui se rit de nous, de tout, de vous. Aujourd'hui, je regarde comme je me complais à m'entraver, pour le plaisir de geindre et de souffrir un brin. Comment être aussi stupide sans être conscient de l'être. Je me dis demain, je pourrai enfin vivre ma vie, libéré de ceci ou de cela. Mais ceci et cela, c'est moi qui les ais appeler afin qu'ils s'agrippent à moi. Ce n'est pas un autre et encore moins l'Autre.
Aujourd'hui, je me regarde libre de ne pas l'être et en quelque sorte content de l'être. Je ne considère pas que la liberté soit l'absence totale de toute contrainte, non. Ma liberté c'est de choisir consciemment les contraintes qui me feront évoluer. Être libre, c'est faire des choix déchirant et prendre conscience de la chance que l'on a de choisir. Être libre, c'est savoir que l'on va mourir un jour et se jurer que l'éphémère aura un sens. Être libre c'est tracer son chemin jusqu'à sa tomber pour que quand elle s'ouvre à nous, on s'y couche comme dans un lit, épuisé mais heureux. Je me regarde aujourd'hui et je me demande pourquoi j'abandonnerais, pourquoi je me plaindrais. Je regarde autour de moi et j'ai simplement le bonheur d'être qui je suis, d'être où je suis. Quelle bénédiction d'exister.
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# Posté le jeudi 13 décembre 2007 00:14